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Des voitures d'officiers parviennent à se frayer un passage dans cette foule. Des marins sont postés en sentinelle comme s'il subsistait encore en ce lieu, mais en ce lieu seul, un semblant d'organisation, un reste d'ordre. L'un d'eux arrête le mineur et l'enfant. Interdit aux civils . On ne passe pas. - Nous sommes avec les soldats, ceux qu'on voit là-bas devant, implore Demeerseman. Des civils avec les soldats : le marin ne paraît pas surpris. - Ça se peut, dit-il, mais c'est la consigne . Seulement les soldats. Il tourne la tête à droite et à gauche, cherche apparemment un camarade à prendre à témoin , comme s'il venait d'entendre une énormité. - Embarquer ! Il y a peut-être, je ne sais pas, moi (il parle avec un fort accent méridional ), il y a peut-être cent mille, deux cent mille, trois cent mille types qui veulent embarquer! Allez sur la plage, d'ici jusqu'à la frontière belge, vous verrez : serrés comme des fourmis , ils sont. Et ils attendent tous des bateaux. Seulement des bateaux, il y en a pas beaucoup. D'abord, les plus gros sont pour les Anglais. Bien sûr, quelques types réussissent à embarquer. Mais dans la journée, ils servent de cible aux avions allemands. Les avions s'amusent à faire des cartons avec eux. La nuit, ce n'est pas beaucoup mieux. Encore une chance quand les bateaux ne sautent pas sur une mine . Il y en a partout devant le port, des mines, et elles attendent... |
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